Sunday, April 3, 2011

Maputo




A Maputo j'avais rendez-vous chez Pascual et Adeline, des amis de la famille qui vivent dans une immense villa dans la banlieue, et qui ont accepté de me recevoir. Après tout c'est pas désagréable de dormir dans un lit de temps en temps - et quand le personnel de maison s'occupe de la lessive. J'avais pas l'intention de rester longtemps, surtout que Maputo est pas des plus intéressants, et l'atmosphère saturée d'humidité rend la chaleur assez pénible, mais finalement je suis resté bloqué 10 jours. Puisque j'étais dans une capitale, j'ai décidé d'aller rendre visite à l'ambassade d'Angola, et me renseigner sur les formalités pour obtenir un visa Angolais - le plus difficile à obtenir en Afrique. Ils veulent bien te filer un visa de transit de 5 jours, mais vu la taille du pays, ça te laisse juste le temps de traverser en faisant que rouler toute la journée - pas glop. Dans la communauté des voyageurs de la côte ouest, tout le monde connait le célèbre visa touristique de 30 jours, mais peu l'ont vu.

Je débarque donc à l'ambassade à Maputo, et là je rencontre toute de suite plusieurs obstacles:
  1. Ils parlent que Portuguais. Après tout si ils se sont faits envoyer dans un pays parlant la même langue, c'est pas pour se faire chier à apprendre l'anglais.
  2. Ils n'acceptent que les dossiers des Mozambicains, ou résidents au Mozambique.
  3. Le visa accordé doit être utilisé dans les 60 jours, donc trop juste pour moi, je compte passer 1 mois en Afrique du Sud et 1 mois 1/2 en Namibie/Botswana. 
  4. Il faut une lettre d'invitation d'in sponsor en Angola.

L'idée c'était de me profiter de la présence de Pascual, qui est à la retraite mais a été une grosse légume du Frelimo - et du gouvernement Mozambicain, pour lever quelques barrières. Il passe un ou deux coup de fil avec l'ambassadeur ici, qui lui promet qu'il va m'aider à obtenir un visa en Namibie. Bien sûr, le personnel de l'ambassade n'est pas du tout au courant de cet arrangement, et je passe plusieurs jours à poireauter à l'ambassade, sous le regard totalement désintéressé des gonzesses du bureau des visas. Je me fais balader, quoi.



En plus, alors que je revenais (en bécane) de Maputo après une de mes visites inutiles, et que j'attendais à un feu rouge, je me fais défoncer l'arrière-train par un crétin qui a confondu la pédale des gaz avec la pédale des freins. Il a arraché une des valoches et envoyé ma bécane dans le coffre de la bagnole arrêtée devant. Moi, je me retrouve parterre avec une bonne tomate à la cuisse mais sans plus. Le conducteur était paralysé par la trouille, et a même pas osé sortir de la bagnole pour voir si j'étais OK. Ou alors il avait peur que je lui casse la gueule. Mais comme tout le trafic était arrêté, et que les gens avaient quand même envie de rentrer chez eux, ils m'ont aidé à sortir ma bécane de dessous la bagnole d'à-coté et rassembler les pièces tombées. Sur ce, un flic passe en moto et ramasse le permis du conducteur fautif. On attend un peu et comme les flics reviennent pas, et que ma bécane a l'air de rouler, on part ensemble (la bagnole fautive, celle avec le coffre défoncé et moi) au poste de flics. Là on y passe l'après-midi à attendre et remplir des déclarations diverses. Evidemment, moi je suis un peu largué à cause la langue, mais bizarrement tout se passe bien et on ne cherche pas à m'arnaquer - pour une fois. 


Le lendemain on se retrouve tous chez l'assureur - moi avec Adeline pour faire l'interprète, mais c'est pas nécessaire parce que je tombe sur le patron du conducteur-sodomite qui est portugais et parle anglais. Il m'explique que vu la bureaucratie de l'assurance ça risque de prendre des semaines pour me faire réparer les dégâts. Il me propose alors d'aller dans son entreprise, qui construit de portes en alu, et de bricoler dans son atelier. Moi ça m'arrange plutôt, j'ai pas envie de moisir à Maputo, et les dégâts sont assez mineurs, seuls le porte-bagage et les attaches des valises sont pliées ou cassés. On passera finalement toute la journée avec ses ouvriers pour redresser, souder et remonter tout pour que ça tienne la route. La seule casse sur la moto elle-même c'est un repose pieds arrière qu'il me paie en cash. Bon, ça sera jamais nickel comme au départ, mais c'est pas non plus la première fois qu'il souffre. Bye-bye Mozambique, prochaine étape l'Afrique du Sud chez un dealer BMW pour faire un brin de maintenance. 



    Sunday, March 6, 2011

    Vamos a la Praia

    4000 km de Nairobi à Maputo, de l'équateur au tropique du Capricorne, 4 pays, 210$ de visa et 175l d'essence. Rien de très excitant mais j'ai le temps, alors je rempli mon blog quand même.


    A Nairobi je vais planter ma tente à Jungle Junction, un de ces endroits super connus où tous les overlanders (y'a pas de nom pour ça en français ?) passent. Il est tenu par Chris, un allemand mécanicien moto spécialiste des BMW. Donc pour moi c'est vraiment idéal. Mais il a aussi de la place dans son jardin pour des 4x4 ou des camions. Il peut aussi garder les véhicules en dépôt, donc certains font la moitié du chemin, reprennent l'avion pour bosser un peu et reviennent l'année suivante pour continuer la route. Y'a même un 2DM de l'armées suisse, c'est vrai que ça passe partout ces bêtes et ils sont vendus pas trop cher par le surplus de l'armée.


    Quand je suis arrivé, c'était relativement calme, mais petit à petit c'est parti en couille. D'abord un 4x4 suisse-allemand est arrivé juste à coté, puis c'est un 4x4 teuton qui s'est garé quasiment à toucher ma tente. Ils me cherchent ou quoi ? Et qu'est-ce qu'ils ont tous a peindre des rayures pseudo-zèbre sur leur carrosserie, sous prétexte qu'ils vont en Afrique ? et le pire c'est quand ils mettent l'adresse de leur site internet pourri ich-bin-ein-Chleu-in-Afrika.de. Est-ce que je peints des bouteilles de bière sur ma bagnole quand je vais à Munich ? et faut voir l'état du gazon après un orage et leurs créneaux de blondes.

    Jungle Junction est dans un quartier tranquille et plutôt rupin de Nairobi, et comme les expats ont besoin de claquer leur tunes, on leur a construit un centre commercial tout beau où on trouve de tout. Y compris du Gruyères (du vrai importé de Suisse, pas avec des trous comme la daube qu'on nous vend en France), de l'huile d'olive, du parmesan.. le tout à peu près au double du prix européen, ça nous fait le plat de spaghettis à au moins 10€.. mais je m'en fous ça en valait la peine.

    Au total y'avait surtout des 4x4, et ça parlait surtout allemand et afrikaans. J'ai rien contre les quat-quatristes, ils ont choisi un moyen idéal pour voyager à deux, mais c'est quand même pas la même mentalité que les motards. Heureusement il y avait aussi quelques motards sud-africains, dont Michnus et sa femme, en route pour l'Europe. Je me souvenais de Michnus et ses potes déjantés après avoir lu le récit de leurs aventures postées sur internet par son beau-frère Metal Jockey. Leur trip en Angola est déjà mythique. Là ils finissaient un peu de mécanique, on a juste eu le temps de boire une ou deux bières et ils sont partis pour l'Ouganda. En même temps le camping s'est rempli de véhicules complètement nuls dont 2 camions remplis de minots.. pour couronner le tout il a commencé à pleuvoir des cordes, donc le living était devenu invivable. Chris avait fini ma bécane et j'avais changé mon pneu avant, alors profitant d'une accalmie dans le ciel, je plie et me barre tranquilos direction la Tanzanie, qui n'est pas très loin. En route je m'arrête pour boire un coup et c'est là que je rencontre Paf la tortue. Vous connaissez pas Paf la tortue ?

     Eh ben c'est une tortue qui traverse la route, un camion arrive et..
    paf la tortue!

    Le temps est nuageux quand j'arrive au pied du Kilimanjaro, et pourtant le sommet est dégagé ce qui est assez rare. Il pleut encore pendant la nuit, et le lendemain c'est pas beaucoup mieux, mais bon, y'a rien à faire ici à part monter sur le Kili (et lâcher 1000$) alors je plie la tente encore mouillée, j'enfile la polaire parce que ça caille et go.



    J'ai le choix entre 2 routes: la route principale qui passe par Dar Es Salaam sur la côte, ou la route secondaire qui traverse le pays du nord au sud en passant par Dodoma, la capitale. Je connaissais pas trop l'état de la route de Dodoma, mais je me sentais pas trop de faire 1500 km de goudron non plus. En temps normal le choix serait vite fait, mais là y'a un problème:  la Tanzanie est juste à la frontière entre les 2 climats de l'hémisphère nord et sud: dans ces régions tropicales il fait beau en hiver et pluvieux en été, donc je rentre en plein dans la zone humide en descendant vers le sud. Et qui dit humide dit mou sur la route et galère si on s'écarte de l'asphalte.

    Le temps se met plutôt au soleil, donc je prend la route au sud. La route passe vite du goudron à une piste en assez mauvais état, mais elle a un peu séché alors ça passe pas trop mal entre les trous. Après Dodoma par contre, la piste est belle et je peux envoyer un peu. Ca fait toujours plaisir de passer la 6 sur une piste déserte. Pas tout-à-fait déserte pourtant, je croise 2 motards américains en route vers le nord, on cause 2 minutes et je repars. Après 700km de piste en 2 jours je rejoins la route goudronnée, je décide de prendre une chambre dans un hôtel au bord de la route plutôt que de camper. Bien vu, on se faire rincer par un putain de méga-orage qui nous envoie des tonnes d'eau sur la gueule. Eh ouais, c'est ça la saison des pluies.


    La Tanzanie est assez chiante si on peut pas se payer un safari dans un parc, ou qu'on a pas le besoin d'aller rouler des tarpés à Zanzibar. Ok y'a des jolis baobabs dans un paysage verdoyant (vu la saison) mais après 3 jours je me retrouve tout naturellement à la frontière du Malawi, voilà pour mes 50$ de visa. J'aurais aussi pu passer par la Zambie à l'ouest ou le Mozambique à l'est, mais en saison des pluies j'essaie d'éviter le mou. Le goudron passe par le Malawi. Par contre, j'avais zappé un petit détail: tous ceux que j'ai croisé sont rentrés au Malawi comme papy dans la bonne, pas besoin de visa, et c'était un peu rentré dans mon subconscient. C'est vrai pour presque tous les pays européens sauf pour la Suisse! il semblerait qu'on se soit de nouveau fâchés avec quelqu'un.. bon, le dernier avec qui on s'est embrouillé a des petits soucis chez lui en Libye, mais au Malawi, en principe, c'est la démocratie.


    Manque de pot ils donnent pas de visa à la frontière. Ooops, c'est vraiment la louse, l'ambassade du Malawi est à Dar, à 900km. Faut même pas y penser, je préfère encore faire le tour par la Zambie. Finalement en discutant un peu, et même sans sortir de biffons, on trouve un arrangement: le douanier, magnanime et superbe, me fait une autorisation d'entrée de 4 jours pour me permettre d'aller chercher mon visa a Mzuzu, la préfecture au nord du Malawi. Ok, je préfère ça, même si le visa est à 70$, ça fait finalement moins mal au fion que 1800 km de route.



    Le Malawi est un peu montagneux au nord, et ça attire les nuages. Il pleut tous les jours, mais heureusement plutôt la nuit et j'arrive à rouler la journée à peu près au sec. L'avantage de la saison des pluies, c'est que les champis poussent. Faut pas déconner, j'ai pas été me promener en forêt dans la gadoue avec mon petit panier, on trouve des mamis qui vendent ça au marché pour pas un rond, alors faut pas se priver.



    Je fais un arrêt à Lilongwe pour prendre un visa pour le Mozambique (on peut l'avoir à la frontière, mais je fais gaffe maintenant, et il parait que c'est plus cher). Le camping en pleine ville est OK mais envahi par des djeunz qui voyagent en camion. Parmi les overlanders je croise un motard allemand (décidément), un cycliste français un peu mou du bocal et un néo-zélandais en Land-Rover. Au moins y'a la télé dans le bar, et vu qu'ils sont fans de la Premier League je peux voir OM - MU. Le spectacle est particulièrement chiant d'ailleurs, forcément avec 2 équipes qui jouent derrière. Enfin, on est pas là pour parler foot.



    Le Malawi est pas vraiment riche en ressources, à part le tourisme ils exportent un peu de tabac et ça doit être tout. Pourtant ils vivent pas trop mal, on voit pas trop d'où ils tirent leur argent. A la frontière, comme d'hab, on se fait assaillir par des mecs qui brandissent des liasses énormes pour changer au black. C'est pratique parce qu'on peut larguer ses derniers biffons du pays qu'on quitte. Moi j'aime bien les claquer en essence, c'est plus facile. Mais là il m'en restait, et donc je commence à discuter avec les gars, En règle générale, ils se gavent bien, donc je m'étais renseigné avant sur le taux officiel, c'était 150 Kwacha pour un dollar. Là bizarrement ils me proposent direct un taux légèrement supérieur.. je flaire l'arnaque et je vais au bureau de change du coin, qui m'offre mieux que les gars, 175 Kwacha pour 1$. Petit à petit je comprends que le taux officiel est uniquement suivi par les banques, notamment quand on tire avec la Visa, le reste du pays utilise le taux officieux beaucoup plus haut. En plus comme la plus grosse coupure est 500K (3$), il parait que les distributeurs sont limités par le nombre des billets à 20'000 K, moins de 100€. Il semble donc qu'ils aient un gros problème de devises, à tel point qu'ils ont plus de quoi acheter de l'essence (comme le Népal quand j'y étais) et pas mal de stations service en dehors des grandes villes sont à sec. Moi j'avais fais le plein en Tanzanie (à 1,3$/l) et j'ai pu arriver jusqu'à Lilongwe avec mes 34 litres, et refaire le plain à 1,7$/l (quand même). Eux  ont pas ce problème, ils font beaucoup de transport à vélo, c'est dingue ce qu'on peut mettre de merdier sur ces machines, pour autant qu'on essaie pas de faire le Tourmalet avec.



    Le Malawi, c'est surtout le lac. Il s'appelle Niassa en Tanzanie et au Mozambique, mais ici c'est le lac Malawi et c'est la grosse attraction touristique, en plus d'une source de nourriture importante. Je vais faire un tour à Cape McClear, dans un camping connu des overlanders. Plage de sable blanc, palmiers, eau très claire, ça vaut le coup d'oeil. Oui mais le lac est aussi connu pour la billardoze. Pour le coup il fait grand beau et y'a pas moyen de pas se baigner, alors je profite bien et je compense en bouffant des cachetons. On verra, il parait que ça peut mettre jusqu'à 6 semaines pour se déclarer. Le camping et les guest houses aux alentours sont quasi vides, on est vraiment en basse saison donc je me fais un peu chier. Vu le peu de touristes, je me fais vite remarquer par les vendeurs de bibelots et de beuh. Des souvenirs j'en ai pas besoin, par contre j'engage un peintre pour me décorer un peu mon réservoir, y'a plein de place vide. Le résultat est assez sympa, quand même moins kitsch que les zébrures et les têtes de chameau des 4x4 de beauf.


    Le trajet le plus direct pour l'AfSud passe par Harare au Zimbabwe, à travers le corridor de Tete. Faut voir la carte, le tracé des frontières est pas super optimisé, surtout avec la gueule de la Zambie et du Mozambique. Ils auraient du prendre exemple sur les Français, qui ont tracé des frontières à la régle dans le Sahara. Donc la route la plus rapide coupe à travers le Mozambique pour entrer au Zimbabwe et arriver a Jo'burg. Le Zimbabwe ça me dit pas trop, sauf pour Vic Falls mais ça fait pas mal de route juste pour ça. Alors le Mozambique et ses plages sur l'océan indien, c'est tentant. A la frontière du Mozambique, je vois que j'aurais pu avoir un visa pour 30$, moins que ce que j'ai payé à Lilongwe. Bon, bon, et il peut me tamponner le carnet, le senhor ? ah, pas accepté, 5$ pour une autorisation de transit. Okay, on va pas de fâcher pour ça.. et l'assurance ? 23$ ? là ils abusent, j'ai payé autant pour la carte jaune qui m'a fait tous les pays de l'Ethiopie au Malawi.


    En plus, vu les problèmes d'approvisionnement les stations coté Malawi n'ont plus d'essence et j'arrive au Mozambique à sec. Problème, y'a pas de stations de ce coté de la frontière, il faut faire 120 km jusqu'à Tete. J'achète donc 3 litres dans des bouteilles de coca au bord de la route à un prix défiant toute concurrence, c'est à dire encore plus cher qu'au Malawi. C'est pas la dernière fois que je me fais arnaquer, un peu plus tard à une station service je mettrai 18 litres dans mon réservoir de 17 litres où il restait encore la réserve. Ils sont forts quand même ces Mozambicains. D'ailleurs ils affichent la couleur sur le drapeau, ils ont probablement rien à envier aux Suisse question armement personnel. En plus ça parle surtout portugais, on se croirait à la migros de Renens (bon, celle-là les Français ils vont pas comprendre).



    Le Mozambique est un peu chérot, probablement l'effet des touristes sud-africains plein de tunes et autres expats qui prospectent les minerai pour les entreprises australiennes et brésliennes. Première nuit négociée à 100 meticals au bord du Zambèze, ça va, et en plus je me fais inviter a souper par des merc.. pardon, missionnaires du Malawi. Mais plus on descend, plus c'est cher. 800 pour une chambre-dortoire tenue par des Chleus à Chimoio, 200 le camping à Vilanculos, 400 le dorm à Inhambane (morsure de rat comprise, je vais finir par choper la peste si c'est pas le palu) et 300 au camping à Tofo 1200 km plus loin, au bord de l'océan. J'ai évité le nord du pays; ça a l'air très cool et sauvage, mais avec mes pneus pourris et la saison des pluies, je garde ça pour une autre fois.


    Tofo, c'est le must des plages du Mozambique, belles plages de sable et mer chaude, mais ça reste cher, et peu de marge de négociation sur les prix: ils se content d'attendre le retour des touristes sudAfs qui envahissent la pays pendant les vacances. J'évite cette fois le camping d'overlander où y'a que des camions chleus, la plage à coté est plus sympa. Je me suis fait rincer sur la route, mais là le soleil brille alors je nage un peu et je me vautre en testant la "doyche-ème" locale (eh non, pas de Sagres ici) et tchatche avec des hollandais qui descendent à Cape Town en Africa Twin. C'est cool mais quand même moins que en face à Goa (autre restant de colonie portuguaise): c'est deux fois plus cher, il manque les cocotiers et en plus c'est exposé est, donc pas de soleil couchant sur la mer et soleil en pleine gueule le matin. Il parrait que c'est top pour la plongée (si on a les tunes), mais moi je plonge pas, alors je m'en fous.

    Dernière étape à Maputo chez les Mocumbi, avant le Swaziland et l'Afrique du Sud.

    Saturday, February 12, 2011

    Les grosses bébêtes


    J'ai le plaisir de recevoir la visite de Cécile à Addis, elle me rejoint pour quelques semaines de voyages à 2. C'est une super bonne nouvelle, mais ça impose aussi quelques compromis: comme la moto est surchargée avec 2 clients et leurs bagages (même si Cécile s'est auto-censurée sur les sacs à mains et les talons), on ne peut plus prendre que les routes goudronnées et les pistes bien entretenues. Ok, les routes en Ethiopie sont pas si mal, mais ça reste l'Afrique, et il se trouve que entre l'Ethiopie et le Kenya, on a un passage obligé sur la route la plus merdique du Caire au Cap. C'est complètement suicidaire de la faire aussi surchargé, à moins d'exploser la machine - voire la passagère, il faudra donc trouver un plan B.

    Mais pour l'instant on décide d'aller faire un peu de trekking dans les montagnes. Ca permet de faire un préparation pour un trek suivant dans les Rwenzoris, mais c'est aussi de changer de rythme, après 6 mois de route.  Il y a 2 parcs nationaux pour ça en Ethiopie, les Simien au nord et les Bale au sud. Comme je reviens du nord, j'avais pas trop envie de me farcir 1000km pour y retourner. Donc départ pour les Bale, au sud, un massif isolé autour de 4000m d'altitude. On y arrive pile au moment du Noël Ethiopien: pas vraiment excitant, la région est majoritairement musulmane. Tous les touristes sont à Lalibella pour les célébrations chrétiennes, nous on à droit à un petit sapin de Noël en plastique et une bière. Moi ça me va très bien comme ça.


    On organise le trek au meilleur marché, avec un guide, 2 chevaux et 2 muletiers, qui est le minimum requis par le règlement du parc. Bien sûr, au moment de partir on voit débarquer 3 chevaux, ce qui amène la première prise de tête. Le problème étant réglé, on part pour 5 jours de ballade, en grande partie sur un haut plateau autour de 4000m, assez plat. Cécile a adoré, moi j'ai trouvé ça un poil chiant, et je suis revenu avec des cloques sous les pieds et une bonne crève. Effectivement, camper à 4000m avec mon sac de couchage 3 saisons, même tout habillé, on se pèle le cul grave chaque nuit, avec du -10 le matin.



    Et pas un animal à voir, notre guide un peu miro a passé son temps derrière ses jumelles à chercher un loup (spécialité du coin), mais tout ce qu'on a vu c'est des mulots et des vaches. Finalement c'est à l'entrée du camp qu'on a pu voir des bestioles un peu plus exotiques (dont j'ai déjà oublié le nom), pas besoin de se palucher 200 bornes à pied pour ça.


    De retour sur la route, on descend plein sud et le paysage devient de plus en plus désertique. On croise des termitières géantes et des mecs à poil qui ramassent du sel au fond d'un lac.





    Et d'autres trucs sympas qu'on lit dans le guide, mais pour lesquels on doit douiller chaque fois, donc on préfère garder notre argent pour quelques spriss, on s'en lasse pas (et on fait bien parce que au Kenya c'est fini).


    La route est bonne et asphaltée jusqu'à Moyale, à la frontière kenyane, donc pas de problème particulier, sauf que je me tape une bonne poussée de fièvre donc on passe 2 nuits dans ce bled particulièrement merdique. Et même une nuit de plus pour Cécile, puisque à cause de la grasse mat' des douaniers, on loupe le bus du coté kenyan. Comme je le disais en remarque liminaire, on attaque le dur du coté Kenyan: plus d'asphalte, et une piste très mal entretenue qui est soit de la tôle ondulée très marquée, soit des grosses ornières de camion remplies de cailloux très cassants. Donc pour Cécile - et une partie des bagages - c'est l'occasion de tester les transports publiques. Pas forcément tellement plus confortable pour elle (faut lui demander ce qu'elle pense de la pop kenyane à 120 décibels), mais beaucoup plus sûr, pour elle comme pour moi et ma bécane.


    Je fais 250km le premier jour, à 30 km/h de moyenne à peine. Ca commence pas trop mal, mais ça devient se gâte très vite quand on commence la traversée d'un désert de rocaille, donc en plus d'être pénible c'est particulièrement chiant.



    Je réussis à me vautrer qu'une seule fois, et c'est pas grâce aux 4x4 de l'ONU qui roulent à donf sur la tôle ondulée (ils s'en foutent de casser leur caisse, elle est pas à eux), me croisent ou dépassent à quelques centimètres et projettent des grosses pierres qui manquent ma bécane (et me genoux) de peu. Vu mon départ tardif, à cause des procédures de douanes du coté éthiopien, et le temps de trouver un hôtel pour Cécile, il me manque 1 heure pour arriver à Marsabit et je préfère camper dans la pampa que de rouler de nuit. Déjà que de jour c'est tendu, alors de nuit..



    Le lendemain, la route top-merdique continue pour 120km avec de la tôle ondulée très pénible. Impossible d'aller à fond comme les 4x4 pour "surfer" sur les vaguelettes, trop dur pour les amortos et trop dangereux. Pas possible de rouler au pas non plus, il faut un minimum de vitesse pour garder les contrôle. Et cerise sur le gâteau, une crevaison à 300m du début du goudron. Heureusement, le service d'assistance rapide BMW arrive sur place pour me donner un coup de main pour le regonflage du pneu.


    Les chinois ont bien bossé, les derniers 130 km jusqu'à Isiolo sont un vrai billard, et le trafic est minimal (forcément, vu l'état de la route). Je décompresse donc un peu après l'épreuve de la piste, et je roule décontracté. En approchant de Isiolo, je remarque un âne au milieu de la route. Pas de problème, en Ethiopie il y'en a des milliers, et en général ils posent pas de problème: ils sont habitués au trafic, tu passes derrière et ils bronchent pas. Sauf que là, l'âne semblait un peu gros pour un âne. Et en m'approchant je vois comme des rayures noires et blanches.. oops merde, un zèbre! et ce con panique en me voyant arriver, fait demi-tour et m'arrive en pleine tronche. Je plante les freins et l'évite d'un cheveu, surtout ses sabots qui passe pas loin quand il envoie un ruade pour se protéger. Bon ben on est plus en Albanie, hein, il faut faire avec la vie sauvage, surtout quand la route longe un parc.

    Le lendemain je retrouve Cécile de qui je n'avais plus de nouvelles, vu que son téléphone est tombé en rade. Tout va bien, on recharge la bécane et on reprend la route sur du goudron pas trop mauvais, direction l'équateur pour ZE photo obligatoire du touriste moyen.


    Bon, ça c'est fait.


    Le Kenya, c'est donc le pays du safari et des fauves. Le problème, c'est que leurs bêtes sont stockées dans des parc nationaux, et que les prix d'entrée sont complètement dissuasifs, et comme ils laissent pas rentrer les motos il faut aussi louer une bagnole. On laisse ça aux Américains et Européens qui voient pas le problème à payer 75$ par jour pour faire leur photo d'un lion au milieu de 12 minibus. Pour ça je vous laisse aller voir sur google ou ici.

    On arrive quand même à dénicher un petit parcounet pas trop cher (Hell's Gate, 25$) où on peut rentrer en voiture, mais aussi en vélo ou à pied. Ok, donc en moto c'est aussi possible ? non, désolé, il faut aller en voiture ou en vélo. Ok, c'est la logique Africaine, on loue donc 2 vélos et on va se promener. Et on a pas regretté, parce que même si y'a pas de lions - ou plutôt grâce à ça - on peut se promener librement dans être contraint de s'entasser avec des Allemands en short dans un minibus pourri et suivre l'itinéraire prévu. C'est quand même unique de pouvoir aller voir les zèbres, les girafes et les buffles de près. 



    Enfin, pas trop près quand même pour les buffles, c'est un peu nerveux ces espèces de grosses vaches. Il parait qu'il y a plus d'accidents chaque année dus aux buffles (et aux hippopotames, mais ça c'est pour plus tard) qu'aux grands fauves, donc je fais quand même un peu gaffe.


    Ceci dit, le Kenya c'est pas super-sympa, et quand même assez cher. Il faudra que je passe à Nairobi de toute façon pour faire un peu de maintenance et acheter un pneu avant, seule endroit avant l'Afrique du Sud, mais pour éviter à Cécile un nouveau séjour dans un repaire de bikers et 4x4istes aux mains pleines de cambouis, on shunte Nairobi et on trace vers l'Ouganda, qui est depuis le début un des buts du voyage. Je reviendrai à Nairobi faire ma mécanique une fois que Cécile sera rentrée, le truc sympa avec le Kenya c'est qu'ils m'ont donné un visa de 3 mois et à entrées multiples, pour autant qu'on reste en Afrique de l'Est, donc j'aurai pas à repayer 50$.



    Sunday, February 6, 2011

    Pas le temps...

    Pfff... connexions pouraves.. pas pratique.. j'ai uploadé les dernières photos, et mis à jour la position actuelle, c'est déjà ça. Mais faudra attendre un peu pour le texte.






    Dans 3 jours, Cécile retourne à la maison (bosser un peu, quand même), pour moi ça sera direction Nairobi pour un peu de maintenance sur la bécane, afin de reprendre ça:





    Tuesday, January 4, 2011

    Grosse caillante sur les Hauts Plateaux



    Enfin je trouve une connexion Internet pas trop pourave. Pas évident en Ethiopie, il y a bien sûr des cafés internet partout, mais les débits ressemblent à ceux du Minitel.

    Ici à Addis ça va pas trop mal, par contre blogspot est censuré, donc je suis de nouveau un peu en aveugle. Donc je quitte Djibouti après avoir fait un petit détour par le lac Assal, -150m en altitude.


    En arrivant en Ethiopie, je bifurque vers le nord pour faire le "circuit historique" comme ils disent dans les catalogues de voyage. Je vois une route goudronnée magnifique qui part dans la bonne direction, mais qui est sur aucune carte. Ce qui est suspect quand même c'est quand il n'y a pratiquement personne, sur une route parfaire avec un bitume tout neuf. Hmmm.. ça sent le cul-de-sac à plein nez! Bof, on verra bien. Effectivement, la route a été refaite à neuf mais pas les ponts! ça passe facile à travers la première rivière, la seconde.. mais à la troisième, l'eau arrive au poitrail des vaches, et le fond est plein de grosses pierres. C'est la recette assurée pour prendre un bon bain et noyer la bête. Pas étonnant que la route soit déserte.

    Je discute le coup avec le chauffeur d'un 4x4 qui vient de passer, en espérant qu'il me donne un coup de main. Il me propose de lui-même de charger la bécane pour la faire passer. Cool, et le mieux c'est qu'ensuite il refuse l'argent que j'essaie de lui refiler. Heureusement qu'il reste des Africains qui vous prennent pas automatiquement pour un distributeur de billets.

    Quelques km plus loin je rejoins l'équipe qui refait la route, ils ont presque rejoint la route principale, merci la Chine (tous les travaux sur les routes sont effectués sous la supervision d'un ingénieur Chinois et avec du matériel chinois). Ensuite je suppose qu'ils vont repartir dans l'autre sens et faire les ponts.. ?

    Ici j'ai le choix, soit faire le "circuit historique" comme ils disent dans les agences de voyage, vers le nord, ou alors je pars vers le sud et Addis Abbeba. Trop bête de louper ces sites, donc je pars vers Lalibela. Mais d'abord, trouver de l'essence, et c'est pas évident, toutes les stations sont à sec, elles ne servent que du diesel. Heureusement que j'ai 34 litres. Finalement je pars pour Lalibella, le gros truc touristos, un peu inquiet de tomber sur la grosse foule. Heureusement c'est très calme, très peu de touristes.

    Ensuite direction Mekkele, 300km de super piste presque sans trafic où on peut se faire bien plaisir. Petit coup d'oeil au pneu arrière quand même..


    Ok, il devrait bien tenir encore un milliers de km. Mekkele c'est la capitale du Tigray. Pas super intéressant, mais la base pour visiter les églises creusées dans la roche et pour aller vers la dépression du Danakil. Les églises, j'en ai eu ma dose, donc je vais en voire juste une, perchée sur un éperon rocheux, avec une paroi de 20m à grimper pour y arriver. Sympa. Mais évidemment, il faut payer un guide, et surtout payer le prêtre pour qu'il ouvre la porte!

    Je passe un peu de temps à me renseigner comment aller dans la dépression du Danakil (-120 m) et visiter le cratère du Dallol et le volcan Erta Ale.  En fait, c'est une grosse maffia qui contrôle le business des "expéditions" et qui forcent pratiquement à louer des 4x4 à un prix exorbitant pour y aller. Il y a des postes de contrôle Afar sur la route et impossible de passer sans payer un guide Afar et une escorte de l'armée. Je laisse mon tél à une agence, si jamais un groupe à une place pour moi et je pars vers le nord, Aksum.

    Après Aksum je pars vers les Simien, en ayant fait mon deuil d'aller vers la Danakil. Et évidemment, 100km plus loin un gars m'appelle et me dit que y'a moyen de se greffer à un groupe qui part dans 3 jours. Il m'en faut 2 pour revenir. Je lui donne le prix que je suis prêt à payer et je reviens en arrière.. donc pas de Simien.

    En arrivant à Mekkele je fais connaissance avec le groupe en question: un coopérant italien et ses copains venus lui rendre visite. Le prototype du ccopérant/employé d'ONG qui branle rien et passe du bon temps dans une villa toute neuve. Déjà vu un peu partout dans le tiers-monde. Mais ça m'arrange, même si avec l'organisation à la ritale c'est un peu le bocsson. En plus ils ne partent que 3 jours, ils veulent pas aller au Erta Ale, voir le lac de lave. Donc pour les photos c'est ici.

    Effectivement, la visite du cratère du Dallol est assez exceptionnelle. Il y a peu d'endroits comme ça sur la terre je pense.


    On va visiter aussi l'endroit où ils extraient des blocs de sel et les chargent sur les chameaux (et les ânes) qui repartent en caravanes de centaines de bêtes pour les vendre à Mekkele.


    Pour les reste des photos c'est ici. A midi bien sûr le guide et les soldats qui nous "escortent" veulent rentrer, donc on est obligés de rentrer. "Trop chaud", bien sûr.. il fait moins de 40 degrés à cette saison. Et d'ailleurs, les tailleurs de sel, ils s'arrêtent pas l'après-midi. Et le lendemain matin, c'est retour à Mekkele, par une bonne route d'ailleurs, j'aurais facilement pu venir en moto.. donc 3 jours de location de voiture pour 1/2 journée de visite. Belle arnaque.

    Cécile doit venir me rejoindre à Addis, donc je pars immédiatement pour Addis, 1 j 1/2 de route, ça devrait aller. Ouais, sauf qu'au deuxième jour, je me rends compte que j'ai oublié mon fric/passeport et tout dans les chiottes d'un café. J'en avais profité pour enlever quelques couches de vêtements. Arghhhh.. catastrophe, je suis à poil! Je me souviens exactement où, 140 km en arrière. Donc retour au taquet et miracle, je retrouve la pochette là où je l'avais laissée juste au moment où un gars était en train de l'ouvrir.. pffffffffffff.

    Du coup l'aller-retour m'a fait perdre 4h et je suis plus dans le timing pour Addis. Et bine sûr, dans ces cas là, ça part en sucette donc il commence à pleuvoir juste comme la nuit tombe et ça devient super dangeureux. Et ça caille, 8 degrés au plus. Donc je suis contraint de m'arrêter sur la route à 120 km d'Addis, et de laisser un message à Cécile pour lui dire de trouver un hôtel en attendant que j'arrive (elle débarque à 4h du mat).

    Le lendemain, c'est la Bérézina. Il pleut encore, et la route est en travaux: de la bouillasse bien glauque, et avec les pneus lisses, j'y ai droit. Born, c'est que de la boue, hein. J'arrive quand même à Addis et débarque dans un hôtel fréquenté par les voyageurs en véhicule, 4x4 ou moto. J'appelle Cécile et elle me rejoint. Je lui avais demandé d'amener de France quelques pièce qui me manquent et notamment un pneu arrière.. donc je passe un peu de temps à faire un service complet, pneu, plaquettes, etc.. le temps est pourri, mais on passe quand même un bon moment à fêter le nouvel an avec les occidentaux. Ben ouais, les Ethiopiens on leur propre calendrier, donc pour eux c'est un jour comme un autre.

    On profite aussi d'aller cherche un visa kenyan à l'ambassade, puisque c'est 25$ ici et 50$ à la frontière.. ah oui, sauf que les enfoirés ont changé leur prix au 1er janvier et c'est maintenant 50$ à l'ambassade! Bien niqués, pour 2 jours..

    Prochaine étape, les Bale mountains et ensuite le Kenya.

    Bonne année 2011 à tous.