Friday, December 23, 2011

Cameroun



Au programme j'ai la "Ring Road", une route montagneuse près de la frontière Nigériane, dans la région anglophone. Je rejoins vite Bamenda, et j'hésite un tout petit peu d'aller "visiter" la route qui va vers le Nigéria, réputée comme une des plus pourrie d'Afrique. Bof, prochaine fois peut-être.



La route commence à se dégrader sérieusement. En fait, ils ont mis un minimum de goudron dans les montées/descentes pour que ça reste passable en saison des pluies, mais les reste est de la piste bien pourrie, avec des gros trous partout. Donc c'est slalom et travail du dos pour amortir les chocs, c'est assez pénible et pas forcément très amusant. Par contre le paysage est superbe, ça compense.





Les quelques hôtels ne font pas très envie, je m'arrête dans un village et demande s'il y aurait un endroit pour passer la nuit. Des gars m'amènent vers une maison en hauteur, où une femme m'accueillit gentiment, il se trouve que c'est la femme d'un ex-député au parlement. Elle est un peu gênée de me proposer une chambre toute simple sans "confort". Je lui explique que c'est parfait, et que j'ai besoin de rien, mais elle me fait quand même amener une bassine d'eau chaude pour me doucher et me prépare à manger pour le souper. Faut dire qu'on est à plus de 2000m d'altitude et que l'eau est glacée. Le lendemain matin, il fait même frisquet, 10 degrés à peine. La maîtresse de maison me prépare encore un petit déjeuner et je la quitte admiratif devant sa générosité et sa gentillesse.



La route pourrie continue sur quelques km, puis s'arrête brusquement. A partir de là c'est carrément du franchissement qu'il faut faire, et c'est carrément impossible dans une voiture normale (et les Camérounais sont prêts à tout). Ca me va bien, y'a presque plus aucun trafic à part une ou deux motos. Je passe dans des villages un peu isolés et tout d'un coup je rencontre une route en goudron nickel qui branche vers la montagne.



En fait il s'agit de la route d'accès pour le lac Nyos, un lac qui a connu sont heure de gloire lorsqu'il est rentré en "éruption gazeuse", et à libéré d'un coup des tonnes de CO2 qui sont allés tuer des milliers de villageois. Depuis, les village ont été évacués et des scientifiques ont installés un système de dégazage du lac, en fait un siphon auto-alimenté qui recrée un petit air de jet d'eau de Genève.



Les autorités ont installé là 5 soldats qui sont sensés garder les installations et, probablement, empêcher les locaux de se réinstaller dans la région. Ils ont été largués sans véhicule ni électricité, avec de l'eau et de la nourriture pour 1 mois. Du coup, ils se font chier comme des rats morts. Ils ont déniché un point précis où ils arrivent à peu près à accrocher le réseau pour lancer des coups de fils, mais ils doivent marcher plusieurs heures jusqu'au prochain bled pour recharger leur portable sur un groupe. Ils ont aussi une chambre pourrie à louer aux touristes de passage (il parait qu'un motard belge m'a précédé d'un jour), mais un prix excessif. J'arrive à les convaincre que cet argent va directement dans le réservoir de la Merco d'un ministre, et qu'il vaut mieux que je donne mon fric aux locaux. Faut dire qu'ils ont aussi les boules d'avoir été balancés ici. Du coup, le lendemain je leur laisse un peu de pognon pour acheter du crédit pour leur téléphone.



En attendant je profite du lac pour me baigner et me laver. Le lendemain, je renonce à compléter le tour et je reviens sur mes pas, d'une part parce que le dernier bout de piste destroy était sympa, et d'autre part j'avais remarqué un embranchement vers le nord qui me permet d'éviter de revenir vers Bamenda et me taper du goudron merdique.



La route en question n'est pas sur ma carte, et probablement pas dans les habitudes des Camérounais non plus parce qu'elle est très peu fréquentée et (donc) excellente. Ca commence par une descente très raide mais goudronnée, pour arriver à un plateau et une très bonne piste où je peux un peu m'amuser.



Pas longtemps pourtant, à un barrage un flic me fait remarquer que j'ai crevé: j'avais même pas remarqué, c'est vrai que ça flottait un peu.. hem. Je me mets à l'ombre et commence à réparer ma roue.



Les gars qui glandaient par là me donnent un coup de main pour sortir le pneu de la jante (toujours la galère) et un des gars m'emprunte mon kit pour réparer la chambre de sa moto. Bon échange procédés.



En face, des mecs sont en train de charger un Pinz avec des bidons pour aller faire le plein d'essence de contrebande au Nigéria. Bizarrement, j'en ai rencontré plusieurs dans ce coin, et que ici, mais ils ont raison, en tout terrain ça craint rien et tu peux les charger comme des mules. En tous cas ils ont plus de gueule avec leur nouvelle peinture que quand ils servaient dans l'armée suisse (ou autrichienne ?).



J'arrive bientôt à un croisement et je me renseigne auprès des villageois: à droite c'est la route vers Banyo, et à gauche? aussi.. mais à travers la montagne. Ah-ha. Ca me parait bien, donc je prends à gauche. Mais en arrivant au pied de la montagne il commence à faire tard et je suis crevé.



Je vais voir à la chefferie à Somié, et le chef m'accueille très simplement. Rien à voir avec Bandjoun, c'est un tout petit village et la chefferie consiste en 2-3 bâtiments pourris. Mais les villageois montrent tout autant de respect et de déférence envers le chef.



Il pose pour la photo avec son sceptre, très digne. Il est cool, en fait, et de mon coté de ne lui donne pas de la "Votre Majesté" qui me semble un peu bizarre. C'est un ancien prof, il parle très bien français (ce qui n'est pas le cas de tout le monde, loin de là). On discute et il me raconte un peu les coutumes locales et le protocole imposé au chef. Il me laisse étendre mon matelas et ma moustiquaire sans me réclamer d'argent, très simplement. C'est ce que j'apprécie, du coup je lui refile quand même un peu de thunes en partant, vu qu'il a pas l'air de rouler sur l'or.



Le lendemain, je le quitte en direction de la "fameuse route des motards" comme il dit.. hmmm ok. Effectivement, après 2-3 km la route arrive au pied de la montagne et monte presque droit en haut, sans s'encombrer de trop de virages. Elle a pas l'air d'être entretenue du tout, super ravinée avec des gros trous et des pierres partout. Comme c'est aussi très raide, ça devient assez périeux avec ma bécane un peu trop chargée de l'arrière. Mais un petit challenge fait du bien de temps en temps.



Evidemment, je finis par coucher ma bécane sur un passage un peu plus raide. C'est là que j'entends un bruit de tronçonneuse. Ou plus exactement, un 2-temps poussé à fond, qui se trouve être une moto qui monte péniblement la même route. Le pilote est aussi surpris que moi (et peut-être un peu déçu de voir que même avec une bécane de course on se viande comme une merde).



Je repars à l'arrache et cette fois j'assure jusqu'au sommet. J'attends un peu le gars pour le remercier mais il n'arrive pas. Hmmm, j'espère qu'i est pas tombé en rade, mais y'a peut-être aussi un chemin de traverse que j'ai pas vu.



La suite est plus tranquille, je rejoins la route principale et un bled pour faire du change et le plein. J'ai croisé plein de bureaux de change sur la route, mais maintenant que j'en ai besoin, j'en vois plus. Je vais donc négocier le taux avec le libanais du coin, et change 50€. Le bled a aussi 2 pompes à essence, mais complètement abandonnées: ici tout le monde se fourni au marché noir en essence du Nigéria: elle coûte 3 fois moins chère là-bas, et revendue ici à 500 CFA au lieu de 595 CFA au prix officiel.




J'ai pas de plan précis pour la suite, sauf d'aller voir les montagnes de Mandara tout au nord. Mon dos en a pris un coup ces derniers jours, je dois encore me réhabituer, alors je préfère prendre la route goudronnée même si ça fait un peu un détour.



J'avale des kils donc, jusqu'à ce que la lumière déclinante me pousse à chercher un coin pour dormir. Les villages sont au bord de la route, pas idéal question tranquillité, mais le trafic devient presque inexistant après minuit alors c'est pas trop gênant. Le chef du coin me propose un coin de case, et un baquet d'eau pour me laver. Nickel.



Le lendemain c'est goudron encore, et finalement j'en ai quand même marre et je prends une piste qui longe la frontière Nigériane. Très bonne piste en fait, dans des collines (pas vraiment de la montagne) très jolies, et très peu de trafic donc je bouffe même pas trop de poussière: parfait. La piste rejoint un des rares coins vaguement touristique du Cameroun, un village dont beaucoup de Camérounais m'ont parlé: Rhumsiki. Effectivement, j'arrive pile au soleil couchant et la vue sur la plaine est superbe.


J'ignore les hôtels et me pose dans un camping en construction: pas d'eau, pas d'ombre, donc je négocie le prix dur. L'essentiel c'est qu'ils aient un groupe, et de la bière fraîche. Je croise un groupe de touristes italiens qui reviennent d'une cérémonie traditionnelle dans un village du coin; bon, moi j'ai donné, je passe.



Les groupes de touristes semblent visiter les villages alentours selon les horaires du marché: moi j'y pars justement lorsque c'est pas le jour de marché et j'évite donc les foules de quechua. Les villages sont sympas, très typiques.



A Tourou, selon ma carte je suis dans un cul-de-sac. Mais selon les locaux, il y a un chemin qu'ils prennent à moto, et qui m'éviterait de faire demi-tour: parfait, c'est exactement ce que je cherche.



Effectivement, la route se termine et il reste plus qu'un chemin pas très large, mais les traces de pneus montrent que c'est possible. Lorsque je les perds, je m'arrête pour demander si je suis toujours juste, mais je galère parce que personne ne parle français. On dirait que dès que le village n'est plus connecté au reste du pays par la route, les enfants ne vont plus trop à l'école.


J'ai pas le choix, je repars mais le chemin devient plus que chelou. Je persévère quand même, on sait jamais, mais je suis bien obligé de renoncé quand ça devient trop limite.



Plus qu'à retourner sur mes pas. J'essaie de nouveau de demander mon chemin, mais le message passe pas.



Par contre on m'offre un peu de bière de millet, elle est bien fraîche et ça fait pas de mal. Je m'avoue vaincu et reprends la route normal, jusqu'au dernier bled avant la frontière. Je négocie une chambre avec eau courante et clim dans un hôtel qui a de la bière fraîche. Mais qui sert aussi de bar pour tout le quartier avec de la musique à donf. C'est toujours le même dilemne en Afrique: ou bien c'est un coin tranquille mais sans électricité et donc la bière est chaude, ou bien ils peuvent s'offrir de faire tourner le groupe, mais c'est en général parce qu'ils en ont besoin pour la sono. Et la musique de bar à bière, c'est pas vraiment ça.

 Demain: Nigéria.

Saturday, December 10, 2011

Mécanique et tourisme au Cameroun


Une fois le calme revenu dans la cour de récréation, le principal problème est de créer un espace de travail à peu près propre, si du sable s'introduit dans l'huile de fourche je peux recommencer dans 1000 km.



Je démonte donc les fourches, je change les 2 joints spi et je remonte avec l'huile que j'ai apportée. J'y mets le temps mais c'est pas si compliqué, finalement, y'a pas vraiment moyen de se planter si on fait les choses tranquillement.


Je vais faire un tour pour tester le tout et acheter 3l de 15/40 chez OilLibya pour faire une vidange, tant que j'y suis, ça peut pas faire de mal. 



Le lendemain je vais faire souder des barres d'appui sur le rack pour que je puisse y adapter les sacoches cavalières en remplacement de mes valoches qui tenaient plus vraiment tellement le bazar est déformé. J'ai trouvé un atelier où ils font ça avec un masque de soudure et pas des lunettes de soleil, c'est un signe, ça doit être des pros. Ca a l'air de tenir pas trop mal, ça va le faire.



Avec le changement du garde-chaîne et la protège-bottes la bécane est fin prête. Moi par contre, il me faut encore un visa pour le Nigeria. Il y a un consulat a Buea qui en donne, semble-t-il sans trop de chichis, et c'est pas très loin, au pied du Mt Cameroun.



Je pars lundi matin en slalomant dans le trafic infernal (normal, vu le nombre d'auto-écoles "françaises") et je cherche un moment le consulat, pour finalement le trouver tout en haut du bled à la limite du brouillard. Le mont Cameroun, on doit pas le voire souvent. 


Sur la porte d'entrée les horaires sont affichés: dépose des dossiers le mardi, remise du visa le jeudi. Argh. Je rentre quand même me renseigner, et je tombe sur un type qui me file le formulaire. Il me dit qu'il a besoin d'une lettre d'invitation (je m'y attendais). Je lui propose une réservation d'hôtel et il est OK. Je repars illico au bled chercher un cyber-café, je ponds une lettre bidon et reviens 1/2h plus tard: tout est en ordre, il prend les papiers et mes 50'000 balles, part chercher un signature et revient 10 minutes plus tard avec son carnet de tickets. En une 1h c'est réglé, c'est pas cool ça ? Bon, c'est encore 90€ qui part en fumée, mais je me console en voyant le prix pour les italiens: 218'000 CFA, soit plus de 300€. A mon avis, je vais pas en croiser beaucoup des macaronis au Nigeria.



A l'entrée de Douala, je suis bloqué dans les embouteillages et discute un peu avec le chauffeur d'une Corolla modifiée en utilitaire, avec chassis enforcé. 2-3 bananes dans le coffre..


.. et quelques ananas pour la route. 



Tout est prêt, je suis dans les starting blocks. 


C'est là que Tabie me parle d'une fête traditionnelle qui a lieu tous les 2 ans à Bandjoun, son village d'origine, avec la présence du roi, et il faut absolument que je voie ça. Bon, OK, ça fait guère que 3 jours de plus à traîner à Douala, je vais pas en mourir, même si la température et l'humidité rendent la vie misérable. Vendredi finalement je me barre et pars "à l'ouest" comme ils disent, c'est à dire dans la province de l'Ouest. Je traîne un peu au passage, je vais voir une chute d'eau où ils ont tournés un "Tarzan" (bof), et je rejoins Tabie chez des "neveux" qui habitent à Bafoussam (la famille Africaine est un concept à géométrie variable). Très gentiment  elle m'a proposé de m'accompagner.



Le lendemain, départ au petit matin pour la place de fête de Bandjoun. En fait le matin il n'y a que des danses folkloriques parfaitement inintéressantes, d'ailleurs les locaux ont l'air au courant parce que y'a presque personne. A midi on se pointe au banquet officiel à la chefferie avec notre invitation VIP, un truc à l'européenne avec tout les nice people du coin. On a droit à moult discours champignaciens de divers officiels, y compris une allocution du king himself. Je m'attendais à ce qu'il soit déguisé genre Bokassa mais non, très sobre, un boubou et c'est tout. Un peu décevant. Après avoir fini le Bordeaux (noyé dans le fanta par les mamans locales) et le Moët et Chandon (y'a de la thune dans le budget culturel), on retourne sur la place. 




Après 2h d'attente, finalement on a droit à la danse traditionnelle que tout le monde attend. Cette fois c'est la grosse ambiance, les danseurs arrivent masqués et portant sur le dos une peau de panthère, font le tour de la place jusqu'à la tribune officielle accompagnés d'excités qui tirent en l'air avec des vieilles pétoires. Sympa et "haut en couleurs", comme le répète le commentateur officiel.



Après une dernière nuit chez Angèle, je fais mes au revoirs définitifs cette fois, et je pars pour la Ring Road, dans la partie anglophone. En fait, après avoir été confisqué à l'Allemagne, le Cameroun a été géré conjointement par la France et l'Angleterre. Quand il s'est agi de décoloniser tout ce bazar et de créer des pays indépendants suivant des frontières forcément totalement artificielles, les Anglais ont pas osé rattacher, logiquement, leur partie au Nigéria voisin qui allait également gagner son indépendance. Ils ont organisé un référendum et comme premier exercice démocratique de leur vie, les locaux ont décidé à moitié de rejoindre le Nigéria et à moitié le Cameroun. Bien malin qui a pu leur expliquer sur quels critères choisir entre 2 pays fictifs créés par l'homme blanc, ce qui augure bien du merdier "démocratique" qui va suivre. Donc depuis l'indépendance le Cameroun se coltine une petite minorité anglophone et a adopté deux langues officielles. En fait c'est une assemblage de plus de 200 ethnies qui n'ont rien de commun entre eux. Même pas la religion, au sud ils sont chrétiens et au nord musulmans. Heureusement, et remarquablement pour la région, la cohabitation se passe très pacifiquement. Et aujourd'hui, ni les Lions Indomptables, ni les Super Eagles ne sont qualifiés pour la CAN, donc pas de jaloux.



Intelligemment, ils ont conservé leur pouvoir coutumier, le chef ou "fon", qui bien qu'assujetti à l'autorité et aux lois civile, garde un rôle très important dans la société camerounaise (en campagne en tous cas, dans les grandes villes c'est bien fini tout ça). Il n'y a pas de transmission du pouvoir à la descendance, les chefs sont choisis (et contraints) par la population pour remplir le poste, selon ses capacités, même s'ils viennent souvent de la même famille (ça explique peut-être les "dynasties électives" de Bongo au Gabon ou Kabila au Coungo, par exemple). Il va habiter à la chefferie, où il recevra ses sujets qui viennent lui demander de résoudre des conflits ou les aider dans une démarche. Evidemment, et selon l'importance de la chefferie, il habitera dans une immense villa et se déplacera en 4x4 Mercedes, comme le roi de Bandjoun qui nous a offert le Champ, ou habitera dans une paillote sans électricité comme le chef de Somié qui m'accueillera plus tard, mais dans tous les cas il est très respecté par la population, et se fait appeler "Sa Majesté". En principe, moi j'ai quand même de la peine.

Bon, assez de tourisme, demain j'attaque les routes un peu plus intéressantes.


Thursday, November 24, 2011

La reprise

Je remarque que j'ai un peu zappé le blog sur la fin de parcours.. bon, on va essayer de faire mieux.




3 mois donc que j'ai laissé la bécane ici à Douala. L'idée c'était de laisser passer la saison des pluies, et de profiter de l'été à Aix avec Cécile. Pas que j'ai peur de me mouiller (enfin, c'est pas super agréable non plus, mais en général il pleut pas toute la journée), c'est surtout que pendant cette période, c'est des déluges d'eau qui tombent sur les routes. Quand c'est du goudron, ça va, mais quand c'est de la latérite, ça tourne en une infâme bouillasse qui est presque impossible à passer en bécane. Et mon but, c'est de partir au nord là où le goudron est rare. J'ai eu du bol, je suis passer entre les gouttes pour arriver à Douala, 2 jours plus tard et je me faisais rincer (et engluer sur la piste qui va à Kribi). La saison s'arrête normalement fin octobre, et effectivement mi-novembre quand je suis arrivé il n'y a plus que quelques orages la nuit. Je vais donc pouvoir  y aller dans des conditions optimales. (j'ai profité de la pause pour faire une petite appli qui montre l'évolution du climat en Afrique sur l'année:

http://overlanding-tracks.appspot.com


Le séjour en France, à part voir la famille, les copains et boire des apéros, c'est aussi l'occasion de faire quelques emplettes qui sont impossibles à faire en Afrique, et modifier un peu les bagages.


Question paperasse, j'ai fait refaire un passeport, le mien n'a qu'un an mais il reste moins de 10 pages de vide et ça risque d'être un peu juste avec les pays qu'il me reste à faire. C'est quand même 125 rotors, probablement pour payer la magnifique machine à prendre les empreintes digitales.. en fait je pensais naïvement qu'une fois qu'on a récupéré mes données biométriques, elles sont réutilisées pour un nouveau passeport. Eh ben non, on recommence tout à zéro.. je demande pourquoi à la connasse suisse-allemande du consulat qui me fait revenir une deuxième fois exprès pour ça, réponse: "si jamais vos empreintes digitales ont changé, il faut les reprendre."  Textuel. Après, on critique les Africains, mais les Suisses sont largement aussi cons.



Deuxième étape obligatoire, le consulat du Cameroun, à Marseille heureusement. 100€ de nouveau, cette fois ce serait plutôt pour payer les nouveaux pneus de la Merco du président. Président au pouvoir depuis 29 ans et qui vient d'être réélu sans opposition comme la plupart de ses collègues des pays Africains "démocratiques". Mais je digresse, au moins c'est pas parti en couille comme en Côte d'Ivoire, c'est quand même mieux. Donc contrairement à l'ambassade du Cameroun à Brazzaville qui se foutait éperdument de ce que je faisais pour autant que j'aligne les tunes, en France ils demandent un certificat de travail, une déclaration d'impôt, un billet aller-retour, et une lettre d'invitation. Probablement pour lutter contre ce fléau qui est l'immigration illégale de Français venus profiter des salaires confortable et du système social si développé.. en fait je crois que c'est juste une mesure de rétorsion, ils exigent ce que les Français demandent aux Camerounais! C'est de bonne guerre, mais moi j'ai la lettre d'invitation pas pas tout le reste (un contrat de travail? pas fou ?), ça me prend un peu la tête. Heureusement, ils me filent le visa sans histoire.

En principe, j'aurais du renouveler le carnet de passage, mais les comiques de l'automobile-club de France demandent 200€ pour le bout de papier alors merci, mais non merci. J'en ai en principe plus absolument besoin, mais de toute façon je crois pas qu'ils remarquent la date d'expiration. On va tenter le coup comme ça.

Pour la bécane, je profite de faire un le tour: d'abord l'indispensable, c'est à .dire les joints spi de fourche. Le gauche a lâché en RDC et j'ai paumé toute l'huile. Après 50'000 km je peux pas trop lui en vouloir, si j'avais été futé je les aurais changé à Windhoek. Du coup j'amène de l'huile pour fourche, et le manuel Hayes pour les dessins, vu qu'il vient de sortir. J'ai jamais fait ça donc je prends mes précautions.

Je repars aussi avec un pneu arrière, celui de Windhoek est pas encore fini après 7'500 km, mais c'est clair qu'il va pas me tenir jusqu'en Europe alors je profite de l'occasion.

Ensuite y'a les petits gadgets pour améliorer un peu l'ordinaire:
- un garde-chaîne alu Touratech pour remplacer le plastic d'origine qui a été recoller moult fois et qui ressemble plus à rien. Un peu bling-bling mais ça devrait être plus solide.
- la protection d'échappement pour les bottes, le plastique (encore ?) a pété et je me crame les semelles. Touraschtroumpf encore, mais à un prix raisonnable
- un nouveau sac réservoir, le Touratech était vraiment merdique et il a fini par exploser
- une paire de sacoches cavalières pour remplacer les valoches en plastique. Les  valoches elle-même sont pas en cause, elles sont quasi indestructibles et bien que scratchées toujours intactes. Mais leur installation sur le rack est devenu de plus en plus merdique depuis que je me suis fait exploser à Maputo. Et de toute façon je préfère le mou, même si c'est un peu moins sûr du point de vu fauche. A priori faut juste que je fasse souder une barre transversale et ça doit passer.

Finalement, j'ai remplacé le réchaud à essence qui avait fini par rendre l'âme au Gabon. J'ai pas eu de succès avec le service MSR en Suisse ou en France pour me le faire remplacer, mais je vais encore essayer avec les US. En attendant, j'ai pris un Whisperlite qui est plus simple que le Dragonfly et qui bien plus robuste. J'avais aussi des problèmes de fermeture éclair sur ma tente, mais là non plus, j'ai pas eu de succès: on m'en demande 200.- pour les changer, donc je repars avec mes problèmes et on gèrera.

Avec la bouffe et les cadeaux, ça me fait donc dans les 35 kg de bagages à ramener. Normalement ça passe, on a droit à 2x23 kg pour l'Afrique. Et comme le pneu en largeur 150 rentre pile-poil dans un carton de TV LCD, je le bourre avec les reste. Faut juste qu'il se perde pas, et qu'il attire pas trop les convoitises non plus.. Mais en arrivant à l'aéroport à Marignane je tombe une pétasse qui refuse de me l'enregistrer sous prétexte qu'il fait 30kg, alors que l'autre ne fait que 6kg, et la limite est de 23 kg PAR BAGAGE. Elle veut rien savoir, et pas question de payer 100€ de supplément bien sûr, alors avec Cécile on ouvre les 2 bagages au milieu du hall de départ, on transfère du matos dans les deuxième sac, on remballe tout proprement (9€ pour l'emballer dans du plastique, bordel, ils sont malades). Et voilà, 22.9 kg, dans le cul la balayette, Royal Air Maroc.

Le voyage est un peu longuet, avec un changement à Casa et une escale à Yaoundé. Il parrait qu'ils obligent les compagnie à servir à la fois Yaoundé et Douala, même si ils sont distants que de 3h de route. J'arrive à 4h du mat à Douala, et j'attends un peu inquiet 1/2h pour que les bagages arrivent. Finalement, ils sont là, ouf. Reste à passer les douaniers; ils remarquent le carton de TV bien sûr, flairent le jackpot et me le font ouvrir. Décus par ce qu'ils trouvent ils tiquent un peu sur le pneu neuf, mais heureusement à cette heure-ci ils sont un peu dans le coltar et trop feignants pour me faire chier alors je passe.

Je repousse les quelques chauffeurs de tacot qui traînent par là, Pascal est assez gentil pour venir me chercher au milieu de la nuit. Le bon coté, c'est que ça roule facile et on est vite arrivés chez Tabie, qui m'attend impatiemment. Je suis un peu explosé, j'ai pas trop dormi dans l'avion, mais avant d'aller dormir, je règle un petit souci qui me turlupinait dans l'avion: j'ai quand même oublié un truc relativement crucial en partant d'Aix: mes clé de contact… je sais pas trop pourquoi je suis rentré en France avec, mais en plein vol je me me suis rappelé qu'elles sont restées dans un tiroir.. gasp! les BMW c'est pas juste un Lehman, y'a aussi un anti-vol codé! La première chose que je fait en arrivant, c'est sortir le jeu de clés de rechange! ouf, c'est bon, je peux aller me pieuter et récupérer.

Enfin, façon de parler: après 1 bonne heure de sommeil que suis réveillé par une meute de gamins surexcités. J'avais oublié qu'on est dans une école, je suis arrivé la première fois pendant les vacances et c'était tranquille, mais là c'est le chaos dès 7h du mat.

De toute façon on est vendredi, j'attendrai le week-end pour être tranquille et démonter ma fourche au calme. Je retrouve la bécane telle qu'elle était, dans le bureau de Tabie, mais par contre, les affaires que j'ai laissé ont un peu souffert, de la moisissure et des bêtes: j'ai été assez con pour laisser de la bouffe dans un sac qui avait déjà un petit trou. Du coup les souris pont agrandi les trou et sont allées bouffer les pâtes. Nonobstant ces petits désagréments, tout a l'air OK.


Thursday, November 17, 2011

Back

Effectivement, ce blog est un peu resté en déshérence ces derniers temps. Il faut dire que j'ai passé 3 mois de vacances à Aix avec Cécile, histoire de passer l'été ensemble, et attendre que les pluies se calment un peu au Cameroun (et en Afrique de l'ouest en général). 

Donc je repars avec 35kg de bagages divers : un pneu, de l'huile de fourche, du chocolat, l'indispensable quoi. Et un Lonely Planet un peu allégé, vu que les 2/3 du continent sont déjà derrière moi.


Au menu des prochains jours: remettre en branle la bécane que j'avais remisée chez Tabie au chaud pendant l'été, changement des joints spi de fourche et vidange de l'huile. Ensuite aller chercher un visa pour le Nigeria et départ vers le nord du pays.

Thursday, July 14, 2011

Kin !

Eh ben voilà.. 12 jours de bataille acharnée sur 2300 km et je suis arrivé hier à Kinshasa (2ème ville francophone du monde), de l'autre coté du Congo. Ca a pas été sans mal.. ça doit être les pires routes qui existent; en Mongolie c'était difficile aussi, mais y'avait pas du tout de route, donc ça passe un peu en vrac dans la steppe. Ici, le problème c'est que la route existait, mais 30 ans sans entretien et le résultat est encore pire que tout.

Au début ça passait, lentement mais régulièrement. Mais quand je suis arrivé dans le sable mou j'ai craqué un peu; j'ai mis la bécane sur un camion pour m'amener jusqu'au début de la route asphaltée. Bon, après 36h, 17 pannes et 2h nuits à dormir dehors avec mes 80 collègues d'infortune, et seulement 120km, j'ai re-craqué, et j'ai repris ma bécane et la "route". Du mou, encore du mou.. mais ça a passé.

J'ai planté ma tente sur la pelouse de la procure St-Anne de Kinshasa, et j'upload tranquillement les photos. A environ 1 photo par heure, j'ai le temps de m'envoyer quelques Tembos! bon, faut pas se plaindre, le WiFi est gratos (pas la binouze).

Prochaine bagarre: le ferry pour traverser le Congo, direction Brazzaville.