Sunday, April 3, 2011

Maputo




A Maputo j'avais rendez-vous chez Pascual et Adeline, des amis de la famille qui vivent dans une immense villa dans la banlieue, et qui ont accepté de me recevoir. Après tout c'est pas désagréable de dormir dans un lit de temps en temps - et quand le personnel de maison s'occupe de la lessive. J'avais pas l'intention de rester longtemps, surtout que Maputo est pas des plus intéressants, et l'atmosphère saturée d'humidité rend la chaleur assez pénible, mais finalement je suis resté bloqué 10 jours. Puisque j'étais dans une capitale, j'ai décidé d'aller rendre visite à l'ambassade d'Angola, et me renseigner sur les formalités pour obtenir un visa Angolais - le plus difficile à obtenir en Afrique. Ils veulent bien te filer un visa de transit de 5 jours, mais vu la taille du pays, ça te laisse juste le temps de traverser en faisant que rouler toute la journée - pas glop. Dans la communauté des voyageurs de la côte ouest, tout le monde connait le célèbre visa touristique de 30 jours, mais peu l'ont vu.

Je débarque donc à l'ambassade à Maputo, et là je rencontre toute de suite plusieurs obstacles:
  1. Ils parlent que Portuguais. Après tout si ils se sont faits envoyer dans un pays parlant la même langue, c'est pas pour se faire chier à apprendre l'anglais.
  2. Ils n'acceptent que les dossiers des Mozambicains, ou résidents au Mozambique.
  3. Le visa accordé doit être utilisé dans les 60 jours, donc trop juste pour moi, je compte passer 1 mois en Afrique du Sud et 1 mois 1/2 en Namibie/Botswana. 
  4. Il faut une lettre d'invitation d'in sponsor en Angola.

L'idée c'était de me profiter de la présence de Pascual, qui est à la retraite mais a été une grosse légume du Frelimo - et du gouvernement Mozambicain, pour lever quelques barrières. Il passe un ou deux coup de fil avec l'ambassadeur ici, qui lui promet qu'il va m'aider à obtenir un visa en Namibie. Bien sûr, le personnel de l'ambassade n'est pas du tout au courant de cet arrangement, et je passe plusieurs jours à poireauter à l'ambassade, sous le regard totalement désintéressé des gonzesses du bureau des visas. Je me fais balader, quoi.



En plus, alors que je revenais (en bécane) de Maputo après une de mes visites inutiles, et que j'attendais à un feu rouge, je me fais défoncer l'arrière-train par un crétin qui a confondu la pédale des gaz avec la pédale des freins. Il a arraché une des valoches et envoyé ma bécane dans le coffre de la bagnole arrêtée devant. Moi, je me retrouve parterre avec une bonne tomate à la cuisse mais sans plus. Le conducteur était paralysé par la trouille, et a même pas osé sortir de la bagnole pour voir si j'étais OK. Ou alors il avait peur que je lui casse la gueule. Mais comme tout le trafic était arrêté, et que les gens avaient quand même envie de rentrer chez eux, ils m'ont aidé à sortir ma bécane de dessous la bagnole d'à-coté et rassembler les pièces tombées. Sur ce, un flic passe en moto et ramasse le permis du conducteur fautif. On attend un peu et comme les flics reviennent pas, et que ma bécane a l'air de rouler, on part ensemble (la bagnole fautive, celle avec le coffre défoncé et moi) au poste de flics. Là on y passe l'après-midi à attendre et remplir des déclarations diverses. Evidemment, moi je suis un peu largué à cause la langue, mais bizarrement tout se passe bien et on ne cherche pas à m'arnaquer - pour une fois. 


Le lendemain on se retrouve tous chez l'assureur - moi avec Adeline pour faire l'interprète, mais c'est pas nécessaire parce que je tombe sur le patron du conducteur-sodomite qui est portugais et parle anglais. Il m'explique que vu la bureaucratie de l'assurance ça risque de prendre des semaines pour me faire réparer les dégâts. Il me propose alors d'aller dans son entreprise, qui construit de portes en alu, et de bricoler dans son atelier. Moi ça m'arrange plutôt, j'ai pas envie de moisir à Maputo, et les dégâts sont assez mineurs, seuls le porte-bagage et les attaches des valises sont pliées ou cassés. On passera finalement toute la journée avec ses ouvriers pour redresser, souder et remonter tout pour que ça tienne la route. La seule casse sur la moto elle-même c'est un repose pieds arrière qu'il me paie en cash. Bon, ça sera jamais nickel comme au départ, mais c'est pas non plus la première fois qu'il souffre. Bye-bye Mozambique, prochaine étape l'Afrique du Sud chez un dealer BMW pour faire un brin de maintenance. 



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